Kabare : 10 ha de reboisement brûlés à Buhozi, la société civile propose des solutions

Par Alvin BUZAKI
Sud-Kivu, RDC
Un sinistre en pleine saison sèche
Mercredi 12 août 2026, un incendie de brousse a ravagé plus de 10 hectares de reboisement dans le village de Buhozi, groupement de Mudusa, en territoire de Kabare au Sud-Kivu.
L’information a été confirmée le lendemain par la Nouvelle Dynamique de la Société Civile, NDSCI chunvi ya Congo de Mudusa.
« Nous assistons à une recrudescence des incendies de brousse dans cette partie de Kabare », déplore Elvis CIRIMWAMI, président de la NDSCI Mudusa, dans un entretien accordé à Média-Vert.
Selon lui, certains de ces feux seraient d’origine volontaire, notamment sur des parcelles qui avaient fait l’objet de reboisement.
Au-delà des arbres : des fonctions écologiques perdues
Pour la NDSCI, la perte ne se limite pas au couvert végétal. Dans cette zone de collines, les arbres jouent un rôle central pour les communautés.
Ils stabilisent les sols et limitent l’érosion, protègent les sources d’eau, fournissent du bois de chauffe et de construction, et soutiennent l’élevage et les activités de subsistance. La végétation contribue aussi à la régulation du cycle de l’eau et au maintien d’habitats pour la faune locale.
« Lorsque le couvert végétal disparaît, le sol est davantage exposé au ruissellement des eaux de pluie, surtout sur les terrains en pente », explique Elvis CIRIMWAMI. Dans un contexte de forte pression sur les terres, la destruction de 10 hectares peut donc avoir des effets qui dépassent largement le périmètre brûlé.
Le feu comme facteur de dégradation
Les incendies de végétation provoquent une destruction rapide de la biomasse. En quelques heures, ils exposent les sols et fragilisent les écosystèmes sur le long terme.
À Buhozi, le feu est devenu récurrent. La NDSCI Mudusa parle d’ »actes récidivistes » visant spécifiquement des espaces reboisés. Les causes exactes du dernier incendie n’ont pas encore été établies.
Sanctions et prévention : les pistes de la NDSCI
Face à la répétition des faits, la NDSCI appelle à une double réponse.
D’abord la sanction. « L’homme est le premier responsable de son environnement et l’auteur principal de sa destruction », affirme Elvis CIRIMWAMI. L’organisation demande aux chefs locaux et aux autorités compétentes de sanctionner les auteurs, lorsque leur responsabilité est établie.
Ensuite la prévention. Elvis CIRIMWAMI propose 3 pistes :
- Sensibilisation de proximité : Campagnes dans les villages et écoles sur les dangers des feux de brousse, avec les chefs coutumiers comme relais.
- Surveillance communautaire : Créer des comités locaux de veille dans les zones reboisées pour alerter et identifier les auteurs.
- Valoriser le reboisement : Permettre aux communautés de tirer un bénéfice direct : bois-énergie durable, agroforesterie, plantes médicinales. « Quand les gens voient l’intérêt économique de protéger les arbres, ils deviennent les premiers gardiens ».
La NDSCI plaide aussi pour un appui afin de replanter les 10 hectares perdus et sécuriser les autres parcelles.
Protéger les reboisements, protéger les communautés
Au-delà de Buhozi, cet incendie relance le débat sur la protection des espaces reboisés dans les territoires ruraux du Sud-Kivu. Pour les ménages qui dépendent directement des ressources naturelles, les arbres représentent à la fois une ressource économique et un patrimoine écologique.
Reste désormais à déterminer l’origine exacte du feu, l’étendue précise des dégâts et les mesures qui seront prises pour prévenir de nouveaux incendies dans cette zone.



